Une fenêtre météo exceptionnelle en cette saison pourrait offrir une ouverture aux trois équipes déjà arrivées au camp 1. Parmi elles, celle de Nims Dai qui vise une fois de plus un record en s'attaquant en hiver au deuxième sommet le plus haut du monde (8611 m).
« Ai atteint le camp 1 avec une charge super lourde - plus de 35 kg - comprenant 4 jours de nourriture, des tentes et du matériel de fixation des cordes. L'ascension a été rapide pour nous. Nous voulons tirer le meilleur parti de la météo. Pas de temps à perdre. Notre plan est d'atteindre le camp 2 demain », écrivait hier sur Twitter, Nirmal Purja, alias Nims Dai, visiblement très en forme après une arrivée éclair depuis le camp de base.
Mais l’alpiniste et ancien officier népalais - qui l’année dernière a côché, en 7 mois, treize cases à sa liste des quatorze sommets de plus de 8000 mètres - n’est pas le seul au camp 1. Là s’y trouvent également aujourd'hui l’équipe de l’Islandais John Snorri et du Pakistanais Ali Sadpara, qui ont équipé la voie jusqu’au camp 1. Et celle de du Népalais Mingma Gyalje Sherpa qui s’est chargé, lui, d’aménager l’accès au camp 2.
A ce stade, John Snorry prévoyait plusieurs jours d’acclimatation, mais Nims Dai pourrait, lui, vouloir brûler les étapes et pousser rapidement jusqu’au camp 4 pour équiper la voie de cordes fixes.
Pourquoi tant de hâte ? Un coup d’œil aux prévisions météo explique tout.

Les températures sont très basses actuellement au sommet du K2, entre -47°C et -50°C, mais les vents restent faibles, autour de 15 km/h. En revanche, à compter du jeudi 31 décembre le K2 devrait être à la hauteur de sa réputation et être balayé par un vent pouvant atteindre 105 km/h. Il ne devrait guère retomber dans les jours suivants, atteignant jusqu’à 90 km/h le 6 janvier. Les trois équipes les plus avancées dans leur ascension ont donc tout intérêt à profiter de cette courte fenêtre, car rien ne dit qu’une telle opportunité se présentera à nouveaux dans les semaines à venir.
Reste à savoir si leur condition physique leur permettra de tenir le rythme. Sans parler de leurs compétences techniques. L’expertise d’Ali Sadapara n’est plus à prouver, il est devenu célèbre en 2016 après avoir réussi la première hivernale du Nanga Parbat avec Alex Txikon et Simone Moro. Quant à Mingma Gyalje Sherpa, il compte à son actif treize des quatorze sommets du monde au-dessus de 8 000 mètres, dont cinq fois l'Everest (8 848 mètres) et deux fois déjà le K2, mais en été.




De son côté, Nims Dai a prouvé qu’il pouvait enchaîner les sommets de 8000 m (avec oxygène), mais certains membres de son équipe, sont nettement moins rodés et ils pourraient rencontrer de sérieuses difficultés sur une ascension aussi exigeante en hiver. Qu’arrivera-t-il en cas d’accident ? On peut s’interroger, d’autant que le crash ce week-end d’un hélicoptère militaire non loin du K2, réduit encore les capacités héliportées susceptibles d’apporter secours aux alpinistes et aux trekkeurs actuellement dans la région, exceptionnellement nombreux cette année.
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