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Arkea Maxi Edmond de Rothschild
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Arkea ultim challenge : la révélation de Caudrelier donne enfin du piment à la course

  • 20 février 2024
  • 6 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Alors que la première course autour du monde des géants de mers semblait jouée d’avance et qu’on commençait à s’ennuyer ferme, voilà que Charles Caudrelier, skipper du maxi Edmond de Rothschild, en tête depuis le départ de Brest le 7 janvier, vient d’annoncer que depuis plus d’un mois il naviguait avec le bras avant de son bateau cassé ! Un coup de théâtre à l’heure où le skipper approche du redoutable Golfe de Cascogne, dernier défi avant son arrivée prévue entre vendredi et samedi. Retour sur 6 semaines fracassantes où les avaries n’ont épargné absolument aucun navigateur.

Partis de Brest le 7 janvier, les six skippers de l’Arkea ultim challenge, premier tour du globe en solitaire de 21 600 milles (40 000 kilomètres)réservé aux six engins les plus rapides de la planète, ne sont plus que cinq depuis l’abandon de Tom Laperche, le 29 janvier. Et à ce jour, seul Charles Caudrelier, toujours leader de la course, a échappé à l’escale technique de 24 h minimum, comme l’impose le règlement en cas d’avarie.

Un ratio important qui s’explique quand on sait que ces trimarans de la classe Ultim, des voiliers de 32 mètres de long et 23 mètres de large, naviguent à des vitesses pouvant atteindre des pointes de 80 km, comme le relevait l’organisation en début de course. Or, en mer, le moindre choc peut générer une avarie. Leur vitesse extrême les rend en effet extrêmement vulnérables aux collisions avec la faune comme les objets flottants, comme les skippers en lice depuis le 7 janvier ont tous pu en faire l’expérience.

A commencer par Charles Caudrelier qui en donnant enfin des détails hier sur son avarie - rien moins que le bras avant de son bateau cassé ! - Un "détail" qu'il avait pris soin de ne pas mentionner en janvier, montre combien ces monstres volants sont fragiles. Sur ses talons, ses concurrents, Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) et Armel Le Cléac’h, respectivement 2e et 3e à l'heure où nous bouclons cet article, savent désormais que le maxi Edmond de Rothschild a une petite faiblesse. Mais un peu tard sans doute. Car Caudrelier caracole en tête avec plus de 2000 milles d'avance. Cela dit, le skipper a montré au cours de ce tour du monde qu'il savait ménager sa monture, aussi bien que ces effets. C'est donc avec un intérêt renouvelé qu'on va le suivre.

Avaries, arrêts techniques, abandon : retour sur 6 semaines de casse

11 janvier : Charles Caudrelier, une avarie ; le seul à ne pas avoir fait d’escale technique

Alors qu'il est toujours en tête de l'Arkéa Ultim Challenge, Charles Caudrelier a révélé hier, avoir cassé le bras avant de son bateau au quatrième jour de course, soit le 11 janvier. Depuis le départ le 7 janvier, il est donc le premier des six trimarans à subir une avarie. On savait que son maxi Edmond de Rothschild avait eu un problème, mais en fin stratège, le skipper avait expliqué qu’il n'en parlerait que lorsqu'il aurait franchi la ligne d'arrivée à Brest. Il n’y est pas encore, et à 16h aujourd’hui, il lui restait 1483 milles pour atteindre la rade de Brest, mais il se sent suffisamment confiant pour donner enfin des détails lors d’un point presse donné en mer.

"Au quatrième jour de course, dans la première dépression, j’ai cassé mon bras avant. D’abord, je n’ai rien vu, puis j’ai découvert un bout de carbone dans le cockpit. J’ai mis des sangles partout. Vous voyez ce que la mer peut faire sur un bateau comme le nôtre quand ça tape : il y avait 4 mètres de mer et 40 nœuds de vent, pendant une heure".

Il navigue donc en mode dégradé depuis plus d’un mois ! On comprend encore mieux pourquoi il a levé le pied le 2 février pour laisser s’évacuer le gigantesque système dépressionnaire qui pointait devant ses étraves. Alors qu'il évolue désormais dans l'Atlantique Nord pour regagner Brest, Charles Caudrelier, fort de son avance (il tient son challenger, Thomas Coville, à 2059 miles de distance) ménage à nouveau sa monture. Car, explique-t-il : « On sent que ça se termine, mais on sait que ce n’est pas fini, avec le dossier qui nous attend".

A savoir : "Une météo musclée, avec beaucoup de mer. (…) J’y suis bientôt (à l’arrivée, ndlr), mais je n’y suis pas. La décision (sur ses choix de navigation, ndlr) n’est pas prise. Cela me paraît très limite d’y aller en direct, mais les modèles sont si peu calés ! Il y a une première dépression, que je n’envisage pas de prendre, et une autre derrière qui complique l’affaire. Ce sont des conditions qu’on peut passer, mais il suffit d’une vague pour tout casser. S’il fallait y aller, j’irais sans doute, mais je ne suis pas pressé d’arriver : j’ai envie d’une belle arrivée, à partager avec mon équipe. On parle de 8 m, 8,50 m de mer avec un vent annoncé à 35-40 nœuds, ce qui veut plutôt dire 45 à 50 nœuds et 70 dans les grains".

14 janvier et 15 février :  Armel Le Cléac’h, deux escales techniques

Après Charles Caudrelier, au tour de Tom Laperche de subir le 14 janvier une avarie alors qu’il est en 4e position au moment de l’annonce. Il est contraint de faire une escale technique à Recife (Brésil) pour réparer un foil, une voile d’avant et son balcon. Ce sera la première pour l’un des six voiliers engagés. « Nous avons pris la décision de nous arrêter avec Armel à la suite de l’incident survenu en sortie de tempête qui nous a privé de grand gennaker et qui plus est, a arraché le balcon du bateau. Il n’était pas pensable d’attaquer les mers du Sud sans cet élément important de sécurité pour les manœuvres à l’avant du bateau »,  explique alors Ronan Lucas, le directeur de l’équipe.

Un mois plus tard, le jeudi 15 février, au 39e jour de la course, Le Cléac’h subit une avarie du safran central. Pas de chance alors qu’il est 2e au pointage ce jour-là. De quoi remonter alors le moral de Thomas Coville (Sodebo), son plus proche poursuivant.

18 janvier : Tom Laperche, une escale technique

Au onzième jour de course, le 18 janvier, aux portes du Grand Sud, le maxi-trimaran de Tom Laperche heurte vers 5h30 un objet flottant non identifié, provoquant des dégâts importants au niveau de la coque centrale. Un coup dur pour le benjamin de la course, 26 ans, qui était au coude-à-coude avec le leader, Charles Caudrelier. « La collision a endommagé le puits de dérive, provoquant une voie d’eau importante qui reste stabilisée », précise alors la direction de la course dans un communiqué. 

Successeur et poulain de François Gabart à la barre du SVR-Lazartigue, le navigateur lauréat du Vendée Globe 2016-2017 est contraint de s’arrêter au Brésil pour réparer son voilier. Mais 11 jours après la collision, le 29 janvier, c’est l’abandon. « La décision est apparue comme une évidence », dit-il dans un communiqué. "Les dégâts sont bien trop importants pour imaginer un délai raisonnable pour repartir dans la course et se lancer dans l’océan Indien puis le Pacifique".

Ce jour-là, ne reste plus en lice que cinq skippers.

26 janvier : Eric Peron, une escale technique

Naviguant à bord de l’Adagio, le skipper breton est en sixième et dernière position le 26 janvier quand il subit une avarie de safran tribord et du système de barre. Comme Tom Laperche et Anthony Marchand, il doit faire une escale technique, au Cap. A son grand regret : « J’accélérais bien depuis deux jours et, malheureusement, mon safran au vent a dû taper quelque chose à la surface. Je marche à vitesse réduite, mais on voit que le safran ne se contrôle plus », explique-t-il. Dès lors, il « ne peut envisager attaquer les océans Indien et Pacifique ».

26 janvier et 9 février : Antony marchand, deux escales techniques

Comme Armel Le Cléac’h, Antony Marchand (Actual-3) a subi deux avaries majeures qui l’ont contraint à faire deux escales techniques. Le 26 janvier, il doit s’arrêter au Cap (Afrique du Sud), suite à un problème de foil. Et dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 février, après avoir effectué des réparations en mer, c’est à Dunedin (Nouvelle-Zélande), qu’il est contraint de faire une pause pour réparer son Actual-3. Car « la situation restait très précaire », explique son équipe. A bord, il y en effet de la casse sur le dispositif permettant au foil tribord de rester en position basse.

30 janvier : Thomas Coville, une escale technique

Longtemps épargné, le skipper du Sodebo, subit lui aussi une légère avarie le 30 janvier qui l’oblige à un arrêt de 24 heures minimum à Hobart, en Tasmanie le jour suivant. Il est alors 2e de la course, derrière Charles Caudrelier qui fonce vers le Cap Horn. 

«Une partie du balcon (zone à l'avant de la coque centrale, ndlr) s'est arrachée et du filet de protection qui permet d'évoluer à l'étrave de la coque centrale lors des changements de voiles», apprend-on dans un communiqué. «Par rapport à la sécurité, aller sur la plage avant, ne plus avoir le filet bâbord, c'était très engagé», explique le skipper, «je ne me sens pas capable d'engager tout le Pacifique comme ça. On a donc pris la décision avec mon équipe de s'arrêter et faire une escale technique. Cela doit durer minimum 24 heures mais malheureusement il y a deux énormes dépressions qui arrivent et peuvent nous bloquer à quai plus longtemps»..

Le classement ce mardi 20 février, 16h00

1. Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) : 1483 milles de Brest,  vitesse 16,2 nds. 49 ans. Lauréat de la dernière Route du Rhum-Destination Guadeloupe, vainqueur de la Volvo Ocean Race en 2012 et 2018.
2. Thomas Coville (Sodebo Ultim 3) : 2029 milles du 1e. Vitesse 13,7nds. 3512 milles de Brest. 55 ans. C’est le doyen de l’épreuve, il a tenté à six reprises le tour du monde en solitaire et en multicoque. Il est le seul à avoir déjà remporté le record (49 jours, en 2016).
3. Armel Le Cléac’h (Maxi Banque Populaire XI) : 3049 milles du 1e. Vitesse 21,2 nds. 4532 milles de Brest. 46 ans. Vainqueur de la dernière Transat Jacques Vabre, détenteur du record du Vendée Globe.
4. Anthony Marchand (Actual Ultim 3) : 5696 milles du 1e. Vitesse 24,4 nds. 7179,4 milles de Brest. A 38 ans, il compte trois victoires d’étapes et deux podiums sur la Solitaire du Figaro.
5. Eric Péron (Ultim Adagio) : 6148,4 milles du 1e. Vitesse 27,1 nds. 7631 milles de Brest. 42 ans. Vainqueur du Tour de France à la voile en 2012, 4e de la Route du Rhum 2022 (Ocean fifty).
Abandon : Tom Laperche (SVR-Lazartigue). C’est le plus jeune concurrent sur cette épreuve (26 ans). Il a été formé par François Gabart.

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