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Sangé Sherpa
  • Aventure
  • Trail Running

Après ses victoires à la Transpyrenea et au Swiss Peaks, Sangé Sherpa rallie le Tor des Géants… à vélo

  • 10 septembre 2025
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Infatigable Sangé ! Le plus Français des traileurs népalais n’en finit pas de nous étonner. Non content de remporter le redoutable Swiss Peaks 700 le 4 septembre, Sangé Sherpa s’apprête déjà à plonger dans l’enfer du Val d’Aoste, en Italie. Ce dimanche 14 septembre, le Népalais installé à Besançon prendra le départ du Tor des Géants (330 km, 24 000 m de D+), l’un des ultra-trails les plus redoutés d’Europe, couru en autonomie. « Le Tor, c’est une épreuve où l’on joue avec ses limites physiques et mentales, un combat avec soi-même », confiait-il l’an dernier après avoir terminé 11e. Et cette année, s’il y revient, ce n’est pas pour y faire de la figuration. Il aura fort à faire face à ses concurrents, mais ce petit homme de 1,68 m qui enchaîne les ultras ne court pas que pour lui, mais pour son village, où enfant, il a connu l’extrême pauvreté. De quoi lui donner des ailes et oublier la fatigue et la douleur. Sur les sentiers comme en selle, car il enchaîne les épreuves à vélo. Sa façon à lui de récupérer entre deux trails.

Pour sa deuxième participation au Tor des Géants, le défi prend cet année une tout autre dimension. À 44 ans, le coureur issue du petit village népalais de Taplejung arrive en Italie à vélo. Déjà, il avait rallié les Pyrénées à coups de pédales pour la Transpyrenea, remportée le 12 août, avant de revenir de Hendaye au Valais en selle afin de s’aligner sur la Swiss Peaks, gagnée également le 4 septembre. Désormais, il traverse les Alpes en deux roues, bâtons et chaussures accrochés au sac. Ce qui ne devrait pas le désavantager si l’on en croit ses deux précédents podiums. Pourtant face à lui, le plateau est très solide.

A la veille du Tor des Géants, déjà deux gros ultras dans les jambes

Cette année, sur le TOR330 (24 000 m D+), il devra composer avec Simone Corsini, récent vainqueur du Monte Rosa Walserwaeg, Giulio Ornati, spécialiste du Val d’Aoste, ou encore Andrea Macchi, triple vainqueur du GTC100. Sans parler de Franco Collé, quatre fois vainqueur du TOR330. Autant dire que Sangé ne part pas favori, malgré son indice UTMB de 817. Mais ce serait une erreur de le sous-estimer : il a déjà prouvé qu’il pouvait surprendre les meilleurs. D'autant qu’il affiche une forme éblouissante.

Cette saison, il a multiplié les exploits : 3e du Tiger Balm Ultra 01 en juillet, vainqueur de la Transpyrenea (900 km, 56 000 m D+ parcourus en 11 jours, 2 heures et 45 minutes) en août, avant de dominer le Swiss Peaks 700 (685.6 km et plus de 48000 m D+) début septembre. Deux épreuves XXL avalées coup sur coup, avec un temps de récupération que la plupart jugeraient impossible. « Il a dormi 34 heures en onze jours pendant la Transpyrenea », rappelait un de ses proches à France 3).

Une méthode d’entraînement très spéciale

Comment expliquer une telle capacité d’enchaînement ? Sangé ne fait rien comme les autres. Il s’entraîne peu en dehors des courses, préfère accumuler les dossards plutôt que les séances calibrées. Aujourd’hui athlète pro, sa vie d’ultra-trailer s’est longtemps conjuguée avec toute une série de d'emplois : magasinier ou encore brancardier à l’hôpital de Besançon, où il vit avec sa femme Laurence et leurs enfants. Quand il ne participe pas à des compétitions ( la plupart des week-ends), il se contente des reliefs du Jura pour ses sorties improvisées, souvent au feeling, parfois en VTT. Il court sans planification rigide. Un vraie cauchemard pour un entraîneur !

Qui, à par lui, joue de la flute au milieu d'une course… et se permet ensuite de la gagner ? C’est ce qu’on a vu au km 450 de la Swiss Peaks cet été, ou lors de sa récente traversée des Pyrénées. « Chaque note est inspirée par les paysages que je traverse », écrit-il sur son site. Une approche poétique mais efficace : 35 victoires, 29 deuxièmes places et 22 podiums supplémentaires jalonnent sa carrière. Pourtant rien ne l’y prédestinait. « Au Népal, dans mon village, on ne court pas », dit-il dans le documentaire que lui a consacré. D'ailleurs, les gens, là-bas, ont du mal à comprendre pourquoi je fais ça.

La course ? Une revanche pour celui que la pauvreté avait contraint à l'exil

Né en 1981 dans les montagnes de Taplejung, à l’est du Népal, Sangé a grandi dans une famille très modeste. Aussi au village a-t-on vu d'un mauvais œil son départ pour Katmandou, alors que seul garçon d'une famille nombreuse, il était destiné à se marier jeune et reprendre la pauvre propriété familiale. Mais fuyant la faim et avide de découvrir le monde, c’est vers la capitale népalaise qu’il a fui. Rien ne l’y attendait. Pauvreté, petits boulots et puis une embauche comme porteur qui le conduira à intégrer les expéditions et à devenir guide. Mais, contrairement aux autres Sherpas, il fuit les bars et les parties de cartes où s’envolent les salaires et se payent des cours de français à l’Alliance française. « Je voulais faire la différence avec les autres guides », explique-t-il sur son site personnel. Grâce à une bourse, l’excellent élève débarque un jour à Besançon pour un stage de perfectionnement linguistique… la ville de Victor Hugo, dont il avait lu la biographie en népalais à 15 ans. Il a 25 ans et voit ça comme un clin d’œil du destin.

Son entrée dans le trail se fait presque par hasard, en revanche. Et très tard pour un élite. En 2009, sur un 35 km dans le Doubs. L’année suivante, il grimpe déjà les distances. Et si son talent intrigue, c’est son style imprévisible qui fascine : comme en 2014, au Tour des Fiz, où il s’endort sous une tente à 100 m du départ, se réveille cinq minutes avant le coup de pistolet… et finit 4e après avoir doublé tout le peloton (Outdoor & News).

Ecole, ateliers de couture, il multiplie les projets au Népal

À mesure que ses exploits se succèdent, Sangé n’oublie pas d’où il vient. Depuis 2020, il investit ses gains et son énergie dans son village natal : reconstruction de l’école primaire, ouverture d’un dispensaire en 2024, mise en place d’ateliers de couture pour les femmes. Cette année, sa cagnotte vise à récolter 10 000 euros pour poursuivre le projet. « Vous me connaissez comme ultra-traileur, mais mon plus grand défi, c’est d’agir pour les enfants de mon village natal (…) Chaque kilomètre parcouru est un appel à soutenir l’éducation et la santé des enfants du Népal », écrit-il sur sa page GoFundMe où, le 1er août il annonce qu’il compte enchaîne trois ultra majeurs : la Transpyrenea, Le Swisspeaks Trail et le Tor des Géants.

Ce mélange unique d’endurance et de solidarité fait de lui un coureur à part. Jusqu’à son sponsor, Kailas, qui détonne un peu. Il n’est arrivé dans l’univers du trail qu’en 2019, avec son premier modèle de chausssure, la Fuga Pro ( primée à ISPO). Spécialiste de la montagne et de l’alpinisme, ce Chinois équipe Sangé Sherpa depuis 2021. Et c’est avec Kailas, toujours et encore, qu’après le Tor des Géants, le Népalais prendra le départ le 2 octobre pour l’Ultra Gobi, en Chine : 400 km de désert à traverser en autonomie, et sans balisage. L’année dernière il avait dû se contenter de la deuxième place du podium, terminant en un peu plus de 73 heures. Au bout de ses souffrances, raconte-t-il sur son compte Facebook.

« J'ai survécu au cruel désert de Gobi. Je n'ai jamais couru une course aussi dure. J'adorais me perdre au milieu de nulle part avec mes appareils GPS incontrôlables. J'ai dû faire un énorme détour à cause du point de contrôle manquant. Après toutes ces mésaventures, j’étais épuisée et dévastée. Ma détermination et mes limites m'ont permis d'atteindre la ligne d'arrivée. Quelle belle expérience. Pour la première fois de ma vie, j’ai vécu une fin aussi émouvante. » 

Mais pour l’heure le Népalais de 1,68 m s’apprête à écrire un nouveau chapitre de son incroyable trajectoire en Italie. C’est l’homme à suivre ce week-end au Tor des Géants.


Victoires, podiums : le carnet de route 2024-2025 de Sangé Sherpa

AnnéesCoursesPosition
2025TransPyreneA — T900 (Pyrénées)1ᵉʳ — ~11 j 2 h 45 min (parcours long : ~873–900 km, ≈55–56k m D+). 
2025SwissPeaks 700 (Valais, Suisse)1ᵉʳ — ~146 h pour ~685–686 km et ≈48 000 m D+ (arrivée largement en tête, plus de 12 h d’avance sur le 2ᵉ). 
2025ULTRA 01 (170 km)3ᵉ — 19:28:59  
2025Swiss Canyon Trail (166 km)1ᵉʳ — 22:06:56
2025Rinjani 100 (Indonésie, 162 km)1ᵉʳ — 41:04:32
2024Ultra GOBI (400 km, Chine)2ᵉ — 73:13:20
2024Crossing Switzerland (≈397 km)2ᵉ — 80:39:00

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