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Denver 1976 NOlympics
  • Société

À 4 ans de la cérémonie d’ouverture, on peut encore dire non aux JO 2030 : Denver l’a fait en 1976

  • 19 décembre 2025
  • 5 minutes

La rédaction La rédaction L'équipe de rédaction est un noyau dur de journalistes passionnés, tous basés depuis un bon spot de grimpe, de trail, de ski ou de surf.

Et si, en France, tout n’était pas joué pour les Jeux d'hiver 2030 ? Depuis plus d'un an an déjà, le COJO avance à marche forcée. Une décision que beaucoup pensent irréversible. L’histoire olympique montre le contraire. En 1972, les habitants du Colorado, aux Etats-Unis, ont réussi à contraindre Denver, pourtant désignée ville hôte, à abandonner les Jeux d’hiver de 1976. À l’origine de ce revirement inédit : un référendum citoyen, et l’engagement d’un jeune élu local. De quoi inspirer tous ceux qui, à quatre ans de l’événement, s'opposent à ce projet et exigent une consultation citoyenne.

Il n’y a pas de fatalité. Et faire marche arrière, renoncer aux JO 2030, c’est encore possible. Quoi qu’en disent ses instigateurs depuis plus d'un an. Certes, le CIO a donné son go en juillet 2024, trop content de fourguer à la France l’organisation d'un évènement dont aucun autre pays ne voulait vraiment au final. Les deux nations encore en lice ayant eu la curieuse idée de consulter leurs citoyens avant de s'engager les yeux fermés. Et là, pas de chance : ils ont dit non ! Trop chers, trop polluants ces jeux, hors sol à l’heure de l’urgence climatique ! Les Français n’ont pas eu l’occasion de s’exprimer sur le sujet, eux. Personne ne leur a demandé leur avis. Et depuis l’annonce tonitruante de la validation de la candidature de la France aux JO d'hiver 2030, on veut nous faire croire que le débat est clos, si tant est qu’il ait jamais été ouvert.

Mais les jeux ne sont pas faits. Et ils pourraient bien ne jamais se faire dans les Alpes en 2030 pour peu qu’on consulte les principaux intéressés. À savoir les habitants des sites concernés, mais aussi, plus largement, l’ensemble des contribuables français qui devront mettre la main à la poche, car l’État est garant du budget, rappelons-le. Leur concéder une consultation citoyenne serait la moindre des choses. Et cela pourrait bien changer la donne. Vous en doutez ? Remontez donc le fil du temps : il existe un précédent dans l’histoire olympique, et non des moindres.

https://youtu.be/dRybd-l2too?si=d7Td9ADvO7LhcCyw

« On devrait dire au monde que nous nous sommes trompés. Organisez les Jeux ailleurs »

En 1972, deux ans après avoir été élue hôte des Jeux d’hiver prévus en 1976, Denver a dit « non », sous l'impulsion d'un politicien local du nom de Richard Lamm et par un référendum citoyen.

Pour rappel, une ville, un territoire ou un pays peuvent proposer une candidature pour accueillir les Jeux olympiques et paralympiques, d’été comme d’hiver. Ensuite, un vote a lieu au CIO afin d’élire le projet le plus crédible. Dans le cas de Denver, la ville est élue le 12 mai 1970 par 39 voix contre 30, aux dépens d’autres candidates comme Sion en Suisse, Vancouver au Canada et Tampere en Finlande. Dans le dossier de candidature, la ville du Colorado assure que 80% des installations existent déjà pour héberger les Jeux d’hiver. La réalité sur le terrain et la volonté de Richard Lamm, homme politique alors inconnu et âgé de 36 ans à l’époque, feront pourtant voler en éclat la décision du CIO. Encore aujourd’hui, il s’agit d’un cas unique… mais aussi d’un précédent. Annuler une candidature aux JO après une attribution officielle, c’est possible.

Dès les premiers mois après la sélection de Denver, les sites de ski alpin et de ski nordique soulèvent les premières interrogations. Pour le ski alpin, les pentes de Mount Sniktau, censées héberger les descentes, se révèlent inadaptées… pour manque de neige. Le manteau neigeux, dans la région, est en effet incertain. Dans le dossier de candidature olympique, de fausses photos avaient été mises en avant afin d’écarter l’argument. Les organisateurs ne baissent pas les bras et décident que le ski alpin aura finalement lieu à Vail, une autre station du Colorado. Pour le ski nordique, c’est un autre problème qui agite les locaux. Les pistes prévues devaient traverser des propriétés privées… sans que les habitants en aient été informés. Devant les protestations, les organisateurs dégainent un nouveau plan B : le ski nordique se déroulera finalement à Steamboat Springs.

Un premier obstacle se dessine : la logistique. Les nouveaux sites sont parfois éloignés jusqu’à 300 kilomètres de Denver. Et ce n’est que le début. À la logistique s’ajoute la sous-évaluation du budget. Le coup de grâce. Annoncée à 15 millions de dollars, l’organisation des Jeux d’hiver à Denver coûterait en réalité 35 millions de dollars et, cerise sur le gâteau, le dépassement de budget pourrait être réglé en partie par le contribuable. Ces découvertes sont l’œuvre de Richard Lamm, un représentant de l’État du Colorado jusqu’à alors inconnu. Il anticipe aussi un impact environnemental désastreux sur les Rocheuses… et alerte : « On devrait dire au monde que nous nous sommes trompés. Organisez les Jeux ailleurs ».

60% d'opinion publique défavorable aux Jeux de Denver

La machine contestataire est en route. Des politiciens et des associations locales comme Protect Our Mountain Environment (POME) réunissent des milliers d’habitants inquiets. L’opposition grandit et se structure à tel point que les organisateurs, soutenus par les élites économiques locales, perdent le contrôle du récit classique qui présente les Jeux comme une grande fête sportive et populaire. À l’automne 1972, grâce à l’initiative citoyenne, la question de l’utilisation des fonds publics pour l’organisation des Jeux de Denver 1976 passe sur le devant de la scène politique du Colorado. Le 7 novembre 1972, un référendum a lieu. Les électeurs de l’État américain votent largement l'interdiction, pour l’État du Colorado, d’utiliser des taxes ou des fonds publics pour financer les JO. L’amendement passe avec près de 60% des voix (59,44% contre 40,56%), rendant économiquement impossible l’organisation de la compétition.

Une semaine plus tard, le 15 novembre 1972, deux ans après avoir élu Denver, le CIO prend acte de la contestation et du casse-tête économique : il retire officiellement à Denver l’organisation des Jeux. Un cas unique, encore aujourd’hui, mais toutefois prévu par le Comité international olympique : « En cas de non-respect de la Charte olympique ou d’autres réglementations ou instructions du CIO (…), le CIO est en droit de retirer, en tout temps et avec effet immédiat, l’organisation des Jeux olympiques à la ville-hôte ». Plus loin dans le texte : « La ville hôte (…) n’aura envers le CIO aucun droit à une quelconque forme d’indemnisation ». Dans la foulée, le 3 février 1973, le Comité confie les Jeux d’hiver 1976 à Innsbruck, en Autriche, ville déjà hôte en 1964 et donc prête à accueillir un tel événement. Quant à Richard Lamm, il sera élu pour trois mandats de suite gouverneur du Colorado, entre 1975 et 1987.

Après Denver 1976, le renoncement des Alpes françaises 2030 ?

Le cas de Denver montre bien des similitudes avec la candidature des Alpes françaises pour les JO d’hiver 2030. Les moyens de transport ne sont certes pas les mêmes aujourd’hui mais il convient tout de même de s’interroger sur l’éloignement de certains sites, notamment Courchevel et Nice, distantes de plus de 450 kilomètres par la route. De même le budget questionne – là encore les proportions ne sont pas les mêmes – mais la candidature française est estimée à 2,1 milliards d’euros par les organisateurs… Un chiffre qui serait largement sous-estimé, les observateurs parlant plutôt d’un montant avoisinant les 3 milliards d’euros. Est-ce vraiment opportun à l'heure où la France affiche une dette de 3 482 milliards d’euros (117,4 % du PIB) ? Sans parler bien sûr du désastreux impact environnemental généré notamment par le déplacement de millions de spectateurs, de surcroit dans un territoire de montagne en première ligne face au réchauffement climatique.

Bref, la France deviendra-t-elle le deuxième hôte à ne pas organiser les Jeux olympiques après avoir été élue par le CIO ? Cette option n'est pas à écarter, contrairement à ce qu'on veut nous laisser croire. Rien n'est joué, l'histoire l'a prouvé. Quoi qu'il en soit, la contestation s’élève déjà en France et, comme souvent, elle vient du bas, des citoyens et des associations. Reste à se structurer collectivement et massivement pour faire entendre notre voix – que l’on soit pour ou contre – afin d'organiser un débat démocratique autour de l’organisation de ces Jeux. Débat démocratique qui à ce stade manque cruellement.

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