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Kauli Vaast Teahupoo
  • Aventure
  • Water Sports

10 choses à savoir sur Kauli Vaast, premier Français champion olympique de surf

  • 6 août 2024
  • 5 minutes

Sylvie Sanabria Sylvie Sanabria Longtemps allergique à toute forme de sport, Sylvie se révèle sur le tard marathonienne, adepte du yoga et s’initie même au surf et à la voile. En 2018, elle co-fonde Outside.fr dont elle prend la direction éditoriale. Elle est basée à Paris et dans les Cévennes.

Une gueule d'ange, un physique de mannequin, à 22 ans le Tahitien d'adoption, élégant et fluide sur les vagues, un maître du tube, était devenu l’un des chouchous du public après sa qualification en demi-finale la semaine dernière. Voilà qu'en décrochant l'or cette nuit il est devenu l'idole du jour. Mieux, l'un des visages que l'on retiendra de ces Jeux. Pourtant derrière son sourire ravageur et son apparente nonchalance, se cache un garçon encore étonné d'avoir été propulsé aussi haut et aussi vite. Une personnalité multifacettes, aussi à l’aise sur le line up que chez Dior ou dans les rangs de la police nationale.

Hasard des épreuves et du « seeding » – classement national des surfeurs influençant leur placement dans un tableau de séries – deux Français, Kauli Vaast, l’enfant de Vairao, chouchou des Tahitiens, et Joan Duru, du Hossegor Surf Club, se sont retrouvés face à face la semaine dernière. Un seul d’entre eux pouvait encore rêver d’une médaille olympique. Le bronze, s’il s’inclinait en demi-finale face au vainqueur du quarts Alonso Correa (Pérou). L’or ou l’argent s’il remportait sa demie. Au final, c’est le local du spot, Kauli Vaast, qui est entré à jamais dans l’histoire du surf dans la nuit de lundi à mardi en surclassant l’Australien Jack Robinson (17,67 – 7,83) en finale des Jeux olympiques !

Kauli Vaast Teahupoo
(Domenic Mosqueira / Red Bull Content Pool)

Avec Johanne Defay, Kauli Vaast portait tous les espoirs de la France pour un podium hier à Tahiti. La Française, pourtant très bien partie, a dû s'incliner en demi-finales devant l'Américaine Caroline Mark et se contenter au final du bronze. La pression était donc énorme hier pour Kauli Vaast, jeune surfeur encore peu connu du grand public il y a un an et que le hasard a conduit à faire ses premiers pas, et ses premiers tubes, à Tahiti, sa terre d'adoption.

Kauli Vaast Teahupoo
(Domenic Mosqueira / Red Bull Content Pool)

1. Il n’est pas fils de surfers

Son père ? Gaël, un gars du nord, de Berck sur mer, professeur de français et d’histoire géo. Plus planche à voile que surf. A Hawaii, il rencontre une monitrice de voile de Nouvelle-Calédonie, Nathalie, institutrice. Ensemble, ils s’installent à Tahiti, sur la presqu’île de Vairao, à quelques kilomètres seulement de Teahupoo, trois minutes en jet-ski du site des JO. C’est là que nait et grandit Kauli, dont le nom en hawaïen signifie « celui qui va dans l’océan ». La famille va vite s’agrandir avec l’arrivée de sa sœur Ylan Vaast, 18 ans aujourd’hui, et son frère Nicky Vaast, 16 ans, tous deux surfeurs.

2. Déjà au cross, il aimait gagner

« J’aime la pression » raconte volontiers Kauli. « Gagner. Passer des tours. Tout petit déjà, si on me disait : le premier qui touche le poteau là-bas, j’étais à fond. Le cross de l’école, pareil. J’ai gagné tous les cross parce que je voulais être le premier. ». Mais s’il continue aujourd’hui d'aimer la course à pied, difficile de résister à l’appel de Teahupo'o, la vague parfaite, à 8 km seulement de chez lui. A trois ans, brassards aux bras, il prend ses premières vagues, à Papenoo, au nord de l’île, sur le longboard de son père. A 8 ans, première compétition avec une planche en mousse. A 13 ans, il a son premier sponsor, son premier vrai contrat qui lui permet de voyager à l’étranger et de suivre sa scolarité en parallèle. Bac S avec mention bien. Une année de STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives, ndlr), formation qu’il ne finira pas car sa carrière explose.

En 2022, Kauli Vaast s’impose parmi les meilleurs surfeurs du monde en atteignant la finale du Tahiti Pro. Une place qu’il est allé chercher face à la légende du surf, Kelly Slater, en demi-finale. En juin 2023, il décroche un ticket pour les Jeux de Paris 2024. 

3. Le roi Kelly Slater l’a adoubé

Pas rancunier, suite à sa défaite face à Kauli Vaast en 2022, Kelly Slater, onze fois champion du monde, est aussi un parfait homme d'affaires : il a du nez, et a engagé le jeune surfeur dans sa marque Slater designs. Pas sûr, en revanche, qu’il se souvienne qu’une dizaine d'années auparavant, alors qu’il n’avait que 12 ans, Kauli Vaast s’était jeté dans de grosses vagues afin de lui serrer la main, au risque de se noyer. 

4. Raimana Van Bastolaer, la légende du surf polynésien l’a pris sous son aile

Véritable deuxième père pour Kauli, Raimana Van Bastolaer, le gardien de la vague mythique de Teahupo'o, est celui qui va motiver Kauli Vaast dès ses 12 ans, lui dire de toujours y aller, de ne jamais avoir peur, au moins d’être là-bas, pour regarder, apprendre et décryper l’océan. C’est lui aussi qui l’aide à trouver des sponsors.

5. Michel Bourez, Jeremy Flores, Gabriel Medina … sans eux, Kauli ne serait pas le surfeur qu'il est aujourd’hui.

Le Polynésien Michel Bourez, s’impose comme le mentor de Kauli. Avec lui, il grandit vite, apprend beaucoup. En dehors de Tahiti, il a aussi un héros : le Réunionnais Jeremy Flores, meilleur surfeur français de tous les temps. C'est son "autre grand frère". Enfin, Gabriel Medina a également été une source d'inspiration pour lui. "C'est quelqu'un d'incroyable, je ne loupe jamais ses séries. Gabriel, Michel et Jérémy, ce sont mes trois gars.", explique Kauli.

6. Il a deux coachs physique

L’un est spécialisé dans la natation, le vélo, la course. L’autre est son kiné qui est aussi son entraîneur physique avec lequel il va courir en montagne. En complément des séances de surf, il fait du renforcement musculaire, du cardio et de méditation pour cultiver la concentration et la résilience mentale.

7. Face à Teahupo’o, il lui arrive encore d'avoir peur

Kauli surfe à Teahupo’o depuis qu’il a 12 ans mais l’expérience ne lui enlève pas la peur. « C’est toujours flippant d’aller là-bas, de voir cette vague. Même si tu y surfes tout le temps, ça reste Teahupo’o... Il faut avoir un respect, ne pas jouer avec. Le respect, c’est la valeur à avoir à Teahupo’o, c’est hyper important". Alors, parce qu’il y a trois ans il a frôlé la mort, quand Teahupoo dépasse 2 mètres, il porte un casque. Et, sans honte, il raconte qu’il lui arrive de ne pas y aller « quand il ne le sent pas ». Parce qu’il est pro, qu’il a peur de se blesser et de louper des qualifs, des compètes.

8. Chez Dior on l’aime bien

Ambassadeur de la maison Dior Men, le jeune Tahitien semble très à l’aise dans ce nouveau rôle initié cette année. « C’est un rêve qui se réalise pour quelqu’un comme moi qui viens d’un sport de niche où les grandes maisons de luxe s’aventurent peu généralement. Mais pour y avoir réfléchi, je trouve que la maison Dior et le surf ont plusieurs points communs : la créativité, l’engagement et le style notamment. Donc je me sens à ma place, d’autant plus que j’ai été très bien accueilli par les équipes de la griffe qui m’ont fait sentir que j’étais légitime. Voilà ce dont je suis le plus fier », racontait-t-il en avril dernier.

9. Et dans la police aussi

Quand on lui demande pourquoi il a signé un contrat de deux ans avec la police nationale, Kauli explique : "Parce que nous partageons et incarnons les mêmes valeurs : le respect, le travail et la discipline. J’ai des amis qui sont policiers à Tahiti et dès que je le pourrai, je partirai quatre semaines en formation pour devenir policier réserviste. Je suis très fier que la police m’accompagne dans ma carrière et m’offre aussi, pour plus tard peut-être, des possibilités de reconversion."

10. Mais au fond il est quand même un peu comme nous 

Dans un rapide portrait robot publié à la veille de Jeux, Kauli  confie que son people préféré c’est... Jamel Debbouze. Et son appli préférée c’est... Candy Crush.

Article initialement publié le 3 août 2024, mis à jour le 6 août 2024.

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