Partir en expédition de plusieurs jours avec un hybride de kayak et de raft dans son sac à dos, un grand classique aux Etats-Unis, où le "packraft" - embarcation gonflable ultra légère et très résistante - est extrêmement répandu. Pourtant, pas besoin de partir en Alaska pour vivre une telle aventure. Sur la Loire, en Bretagne ou encore dans les Alpes, des parcours de packrafting existent pour tous les niveaux.
Un packraft aussi lourd qu’une bouteille d’eau ? Depuis une vingtaine d’années, aux États-Unis, une famille de passionnés de rafting mettent au point des gammes de kayaks gonflables ultra légers, rendant possible la pratique du packrafting aux randonneurs, mais pas que. Cyclisme, escalade, ski, parapente … Les combinaisons entre le packrafting et d’autres sports sont illimitées. Et les parcours aussi. De quoi ravir les amateurs de microaventure.
Si aux États-Unis, le packrafting est largement connu depuis des années, en France, sa pratique commence à se populariser depuis peu. Entre l’essor des vidéos d’expéditions diffusées sur tous les écrans - à l'instar de celles de Mike Horn - et le besoin de reprendre des activités en extérieur après le confinement, le packrafting a toutes les chances d'enfin trouver sa place en France.

En pleine nature comme en ville
Exit les kayaks gonflables lourds et encombrants, et bonjour le packraft. Tout droit venu du Colorado, cette embarcation ultra légère a fait ses preuves auprès des néo-aventuriers et des habitués du tout-terrain. Conçu à l’origine pour traverser facilement les rivières en Alaska, il n'est plus réservé à l’arrière-pays américain. « On peut aussi bien en faire en pleine nature qu’en ville, et s’en servir pour découvrir de nouveaux points de vue, varier des balades que l’on fait à pied. Ça offre de nouvelles perspectives. C’est d’ailleurs très populaire à Amsterdam ! », explique Michaela Crockford-Laserer, co-fondatrice de Packraft Europe, revendeur des produits Alpacka, pionnier du marché.
Stabilité, confort, vitesse… le packraft n’aurait rien à envier à son cousin, le kayak rigide, au contraire. Le concept ayant de sérieux arguments. A commencer par son poids. Depuis 1,5kg pour Alpacka Raft, le pionnier et toujours le plus léger devant ses concurrents, notamment MRS ou le Français Mekong, dont les modèles les plus faciles à transporter affichent 2,6 kg. De quoi les transporter absolument partout : dans un sac à dos, à vélo, en moto, voire en avion pour s’en servir à l’étranger.
Le bikerafting, fruit du VTT et du packraft
Hugues Le Tennier, packrafter français aguerri, s’en est ainsi servi lors d’une expédition en Sibérie : « Ce sont des bateaux très polyvalents, assez robustes pour traverser des zones polaires, et facilement réparables en cas de pépin. Des coffres ont été intégrés à l’arrière, ce qui permet d’emporter tout le matériel nécessaire pour vivre une aventure dans la nature pendant plusieurs jours, et tout est étanche. Les packrafts peuvent supporter entre 130kg et 400kg, on peut donc embarquer son VTT, ses skis, sa toile de parapente… ». Une nouvelle discipline s’en est d’ailleurs inspiré : le bikerafting, combinant VTT et rafting.
« Autrefois, c’était inenvisageable de partir en randonnée avec un kayak solide, beaucoup trop lourd. Aujourd'hui, la seule limite, c’est notre imagination », raconte-t-il. « Je n’aurais pas pu faire mon expédition en Sibérie si je n’avais pas eu un packraft aussi léger. J’étais parti seul pour parcourir 1 240km en 36 jours. En comptant mes vivres et mon matériel, j’avais déjà 30kg sur le dos. Sans un packraft, je n’aurais pas pu avancer. »
Si cet aventurier est parti à la recherche de conditions extrêmes, pour les autres passionnés de microaventure qui ne peuvent pas aller aussi loin, pas besoin de faire des milliers de kilomètres. Et pour s’y mettre, la France ne manque pas de place. De l’Île-de-France aux Gorges du Verdon, n’importe qui peut imaginer son propre itinéraire en fonction de ses envies.
De Paris à la Bretagne en passant les gorges du Verdon, des parcours partout en France
« Les citadins qui entendent parler de packraft pensent de prime abord que ce n’est pas fait pour eux, parce qu’ils sont loin des montagnes et des eaux rapides. Mais il y a des parcours pour tout le monde. Il y a plein de spots où aller en Île-de-France », commente le packrafter Hugues Le Tennier. Parmi eux, la rivière de l’Epte, qui s’étend de la Seine-Maritime à l’Eure. « On peut prendre un train jusqu’à Gisors, faire une petite rando jusqu’à Daingu, où il y a des rapides de type 1 ou 2, c’est pas mal pour s’initier au packraft. Puis finir le parcours en marchant dans le Vexin, jusqu’au château de la Roche-Guillon… Et, pourquoi pas mettre son bateau sur la Seine et descendre jusqu’à Vernon ! », remarque-t-il.
« Depuis Paris, on peut aussi aller jusqu’à Orléans, et mettre son packraft sur la Loire. Dans le Morvan aussi, il y a des courants de type 2, 3 voire 4, à associer avec des randonnées en forêt, en prévoyant un bivouac par exemple. Ça peut être sympa en Bretagne aussi, près de Pont-Aven, ou des Monts d’Arrée, de la presqu’île de Crozon, traverser la baie de Morlaix… » Cependant, attention à toujours vérifier les zones de navigation autorisées avant de se jeter à l’eau.
« L’avantage du packraft, c’est qu’il est libérateur. On peut imaginer n’importe quelle escapade outdoor en France, ou en Europe. Avant, on se restreignait soit à la randonnée, au vélo, à l’escalade, au parapente, etc. Là, tout est possible. Par contre, je recommande vivement aux débutants de faire des stages, ou de pratiquer au moins un an de kayak avant de s'y mettre. Histoire d'assurer sa sécurité, et d'apprendre à connaître la rivière, la comprendre, pour mieux la maîtriser et s'éclater », insiste Hugues Le Tennier.
Questions pratiques
Louer un packraft entre amis
Le coût d'un packraft a aussi freiné sa popularité lors de son arrivée en France. Il faudrait compter entre 450 et 2000 euros pour une embarcation une place, suivant les modèles. Cependant, il est de plus en plus possible de louer des packrafts en France, comme dans les gorges du Verdon par exemple. "C'est excellent pour s'amuser entre amis, surtout quand on n'en fait qu'une ou deux fois par an. Ça permet de s'initier sans dépenser des centaines, voire des milliers d'euros. C'est parfait pour les débutants", ajoute Hugues Le Tennier. De quoi profiter du tourisme local en France durant cet été si particulier.
Comment gonfler son packraft ?
Pas de pompe ici, mais un système ultra léger et novateur : des sacs de gonflage. Ces sacs en toile de nylon se remplissent d'air en les ouvrant, tout simplement. Puis il suffit de le refermer et de le compresser pour transférer l'air vers l'intérieur du bateau. Verrouillez la valve, et le tour est joué. Avec un peu d'entrainement, le packraft se gonfle en 10min.
Comment le réparer ?
Autre avantage du packraft, la facilité de réparation, chez Mekong comme chez Alpacka pour ne citer qu'eux.
Alpacka propose ainsi une garantie de 10 ans sur ses modèles, qui prend en charge les réparations en cas de produit défectueux. En revanche, les modifications supplémentaires ne sont pas comptées dans le prix d’achat, comme l’ajout d’une nouvelle valve « one way » (120€), l’ajout ou le remplacement d’une fermeture Éclair à l’arrière du bateau (225 à 285€), l’installation de cales cuisses et dossier (145€), et autres accessoires. Pour ces interventions, le tarif est calculé au quart d’heure, basé sur un tarif de 60€ de l’heure, plus le matériel.
De leur côté, le Français Mekong offre un kit de réparation à l’achat, afin de réaliser soi-même des petits travaux en cas d’endommagement léger, comme une fuite. Les déchirures sont également réparées gratuitement, hors frais de port aller-retour.
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