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Axel Lorentz shaper surfboard
  • Équipement
  • Water Sports

L’un des meilleurs shapers de surf au monde est Français… et il vient des Alpes 

  • 23 septembre 2025
  • 6 minutes

Maxime Dewilder Maxime Dewilder Journaliste pour Outside, Maxime aime autant courir en montagne que raconter les aventures de celles et ceux qui font l’actualité outdoor.

Il lui aura fallu de la patience et de la rigueur pour se forger une réputation. Mais à 53 ans, le shaper Axel Lorentz est devenu incontournable dans l'univers du surf. Que l’on parle de planches orientées big wave ou de shortboards optimisées pour la compétition, sans oublier les modèles grand public. L’enfant de Pra Loup, dans les Alpes-de-Haute-Provence, a pourtant découvert la glisse sur des skis. Itinéraire d’une vie, des sommets enneigés aux rouleaux de l’océan Atlantique.

Ton histoire avec le surf a commencé avec le ski, comment es-tu passé de la montagne à l’océan ?

J’ai très vite baigné dans le monde du ski car mon père était pisteur. Étant originaire de Pra Loup dans les Alpes-de-Haute-Provence, je me suis retrouvé à partir de deux ans sur des skis, puis dans un club, à cinq ans. J’ai aussi suivi un parcours Ski Études à Barcelonnette à partir de la cinquième, au collège. Ensuite est venu le moment du ski de compétition, jusqu’à saturation à vrai dire. J’ai passé neuf ans à manger du piquet, un bleu, un rouge, un bleu, un rouge… le côté compétition, entrainement, performance, a fini par me lasser. Je ne m’amusais plus vraiment. C’est là que j’ai découvert le snowboard. J’ai complètement changé de glisse, c’était après le baccalauréat. De fil en aiguille, j’ai rencontré des snowboarders qui faisaient aussi du surf. Une revue de surf me passait entre les mains de temps en temps, entre les magazines de snowboard. Un été, avec un copain, je devais avoir 21 ou 22 ans, je me suis chauffé pour aller travailler en saisonnier sur la côte basque. Je ne suis jamais reparti.

Axel Lorentz shaper surfboard
(Zoé Levit)

Sur la côte basque, tu découvres le surf, mais qu’en est-il du shape ?

En fait, je découvre pratiquement le surf et le shape en même temps. Ma dernière saison d’hiver, juste avant de partir sur la côte atlantique, je travaillais déjà dans le magasin d’un copain spécialisé snowboard. J’y allais autant que possible, j’entretenais le matériel. Mon pote sculptait des miniatures en balsa, des mini-planches de snowboard ou de surf. Je lui ai demandé quelques bouts de balsa pour m’y essayer moi aussi. J’ai commencé comme ça, avec des mini-snowboards et même des mini-surfs alors que je n’en avais encore jamais vus de ma vie ! En arrivant sur la côte basque, j’ai voulu continuer à faire ces miniatures mais en utilisant le même matériel que pour une vraie planche de surf. J’ai fait le tour des ateliers pour récupérer des chutes de pain de mousse, des petits morceaux de fibre et je suis allé acheter un kilo de résine.

Tu as donc commencé à shaper des shortboards d’une certaine manière !

Oui on peut dire ça ! Même plus que du short, du très short car elles faisaient 10 ou 12 centimètres ! Blague à part, le côté manuel m’a tout de suite passionné, et comme je ne trouvais pas de boulot, je me suis dit que j’allais vendre ces miniatures. Deux ou trois bars ont accepté de les exposer et même un magasin Quicksilver. Par la suite, j’ai rencontré les gars du magazine Surf Saga, qui sont devenus de bons copains. J’ai bossé avec eux sur un événement promotionnel, je gardais un stand. J’en ai profité pour exposer à nouveau mes miniatures et les vendre… et ça a super bien marché !

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À partir de ce moment-là, tu considères que tu pourrais faire du shape ton métier ?

C’est encore embryonnaire mais oui, je vais à la Chambre des métiers, qui me propose une formation avec des heures d’artisanat mais aussi des heures de gestion de comptabilité pour être capable de gérer une petite entreprise. La seule contrepartie, c’est que je devais ouvrir mon atelier dans les six mois qui suivaient la formation, sinon je devais la rembourser. J’ai donc ouvert un petit atelier, continué mes miniatures et commencé à shaper mes premières vraies boards. La première année, j’ai dû en faire une douzaine. En parallèle, je filais un coup de main à d’autres artisans pour arrondir les fins de mois mais pas que. Étant manuel, je faisais beaucoup de réparations, jusqu’à des pare-chocs de voiture.

On est en 1997 lorsque tu lances Saioa, ton premier magasin. Quelques copains t’achètent des planches, mais le véritable tournant pour toi, c’est en 2001 avec la rencontre de Chris Garrett, un shaper déjà super important dans le monde du surf. Qu’est-ce que cela va changer pour toi ?

Pour la petite anecdote, le surfeur qui m’a acheté ma première planche il y a 28 ans est venu chercher sa nouvelle planche chez moi le mois dernier ! Mais sinon, en effet, il y a eu un avant et un après 2001. Avant, je progressais quand même assez vite, j’ai shapé des planches pour Emmanuelle Joly [une pionnière du surf féminin français, plusieurs fois championne de France et d’Europe] ou Jonathan Larcher [plusieurs fois champion de France de longboard mais aussi champion d’Europe ]. Je m’étais aussi rapproché d’une association de shapers et on avait fait le salon du surf à Paris. C’est là que j’ai rencontré Chris Garrett, avec qui j’ai sympathisé et qui cherchait à créer un label international. En gros, s’unir plutôt que bosser chacun de son côté. En 2002, on lançait notre partenariat et j'ai passé trois hivers de suite en Australie.

https://youtu.be/fUXlVx6k38k?si=aEYxfbBJPHvl8OI8

En quoi cette expérience australienne a-t-elle été déterminante dans ton approche du shape ?

On bossait sur le développement du label mais dès que je le pouvais, j’aidais aussi pour shaper, glacer une planche, poser des plugs, ce genre de choses. Je travaillais dans l’atelier toute la journée auprès de Chris Garrett qui était déjà un dinosaure du shape avec plus de 15.000 planches à son actif, peut-être même 20.000 ! Moi j’en avais 150, donc c’était hyper enrichissant. Surtout qu’à l’époque, on shapait encore à la main, sans machine, sans tutoriel sur internet. Je me souviens, au début je prenais des notes dès qu’il parlait ! Au bout de trois jours, ça l’a gonflé et il m’a dit de lâcher mon calepin pour faire, pour comprendre comment fonctionne une planche et les spécificités de chacune. J’ai énormément appris avec lui.

Tu apprends alors sur le shape mais aussi sur la culture du surf australien…

C’est complètement différent par rapport à la France. Chez nous, on frime un petit peu, le surfeur aime se mettre un peu en avant… Là-bas, c’est tellement commun. Dans chaque famille, il y a une planche à la maison. C’est culturel et ancré en eux. C’est aussi pour cette raison qu’ils ont une telle connaissance des planches, du fonctionnement d’un surf ou de la valeur d’un shaper. J’ai tout appris en Australie, vraiment toutes les bases : shape, fabrication, glaçage, ponçage, matériaux…

Axel Lorentz shaper surfboard
(Zoé Levit)

Ton chemin s’est ensuite rapproché d’un autre monstre du shape, le Sud-Africain Peter Daniels. Nous sommes en 2010, tu deviens headshaper pour Pukas, une marque basque mondialement connue. Ta trajectoire semble à la fois constante et inexorable, non ?

J’ai eu la chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment. J’étais tellement passionné, que je cherchais aussi à faire toujours mieux. Pas par rapport aux autres, mais par rapport à mes propres planches. C’est encore le cas aujourd’hui.

Selon toi, pourquoi les surfeurs aiment tes planches ?

Parce qu’elles marchent ! Non, sérieusement, je pense que c’est parce que j’ai beaucoup d’expérience et que je connais une grande variété de surfs différents, contrairement à certains qui se spécialisent dans les shortboards de compétition, les planches néo-rétro ou les planches faciles comme des mid-lengths par exemple. Moi, j’ai toujours aimé toutes les familles de planches, des guns pour les grosses vagues jusqu’aux miniatures pour les porte-clefs ! Ça permet aussi de faire du shape de manière moins rébarbative.

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Derrière chaque surfeur il y a un shaper, comment tu gères ce travail de l’ombre ?

C’est différent pour les surfeurs professionnels et les amateurs. Pour les professionnels, je suis super à l’écoute et je me mets complètement à leur service pour les aider à performer. Le plus souvent, j’affine des modèles pour qu’ils soient de plus en plus adaptés à leurs besoins. Pour le surfeur de tous les jours, il faut répondre à ses attentes dès la première planche pour qu’il profite au maximum de sa session, qu’il prenne le plus de vagues et qu’il s’amuse. Là, j’ai besoin qu’il vienne avec sa planche et qu’il me raconte comment il se sent avec et ce qu’il voudrait faire, ce qu’il n’arrive pas à faire. À partir de là, je peux lui trouver la planche qui lui correspond.

Aujourd’hui, tu as la réputation d’être l’un des meilleurs shapers du monde grâce à ton parcours et à ton expérience mais aussi grâce au concours Stab in the Dark. En quoi cela consiste-t-il ?

C’est un concours à l’aveugle pendant lequel une dizaine de shapers soumettent des planches à des surfeurs. À l’aveugle, car les surfeurs ne connaissent pas le shaper derrière la planche qu’ils utilisent pour le concours. Les shapers ont quelques indices, mais globalement ils ne connaissent pas non plus les surfeurs. Je suis arrivé cinq fois en finale sur six participations, dont une belle deuxième place, et j’avais aussi eu le titre de planche la plus rapide du monde. Elle était surfée par Mick Fanning [ champion du monde 2007, 2009 et 2013].

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Depuis début 2025, tu as quitté Pukas pour te lancer à ton compte avec le magasin Axel Lorentz Shapes à Saint-Jean-de-Luz, comment ça se passe ?

C’est beaucoup d’organisation de gérer une entreprise ! Il y a toujours le travail de la matière bien sûr, mais aussi des aspects un peu moins passionnants, ça fait partie du jeu. En tout cas, j’avais envie d’être à mon compte, de créer à nouveau et de créer différemment.

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